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Culture & Histoire

Port-au-Prince, quête de repère, 268 ans plus tard

10 juin 2017
5 commentaires

Port-au-Prince, terre de Légende. Derrière ce rideau de poussière et ce spectacle de tôles multicolores à chaque coin de rue, nous rappelant un grand chantier, sommeille Port-au-Prince, fondée le 13 juin 1749. Une ville de légende où pétille avec nostalgie l’œil d’autrefois. Les restes du passé perdurent encore dans les murs d’aujourd’hui, l’histoire est encore là, palpable. Port-au-Prince à tout prix essaie de résister face aux périls du temps, grâce à ses légendes, grâce à la prière de ses dieux, grâce à la bravoure de ses ancêtres, grâce à l’encre de ses écrivains. Port-au-Prince se dose de nouveaux repères, continue d’écrire l’histoire dans une version contemporaine et tente d’inspirer ses fils. Port-au-Prince, quand les images fouettent les souvenirs, 268 ans plus tard.

Champs de Mars, où dansent plaisir et politique

Comment définir le mot festif ? Entre les nombreuses propositions des dictionnaires, nous, on se réfère au Champs de Mars, bastion du farniente par excellence. Cette vaste place publique environne et compose avec la Place Dessalines, la Place de l’Indépendance, le Palais National, la tour 2004, le MUPANAH, le ciné triomphe, le Rex théâtre, Le Kiosque Occide Jeanty, l’immeuble des pompiers, le ministère du tourisme, le musée St-Pierre. Champs de Mars possède le secret pour équilibrer plaisir et politique, un peu plus bas au Palais National se prennent les grandes décisions qui régentent le cours de l’histoire.

Contre l’oubli, le Nègre Marron

Ce statut érigé en face du Palais National est un puissant élément historique qui est là pour nous rappeler notre parcours de peuple. Nègre Marron fait référence au marronnage du temps de l’esclavage, l’un des premiers signes de rébellion dont les esclaves avaient fait montre face à l’atrocité du système. Sculpté par Albert Mangonès en 1959, le Marron tient dans sa main droite une machette, symbole de la résistance des esclaves face au système et dans l’autre main, une gourde.

Le passé sur les pas de l’avenir, la Tour 2004

Érigée au Champ de Mars à l’occasion du bicentenaire de l’indépendance Nationale, le chantier est inachevé mais la construction témoigne d’une certaine idéologie, la grandeur, la force, le courage. Décorée pendant les périodes de fête, surtout à Noël, la tour est devenue un point de repère pour nombre de Port-au-Princiens.

Pour la Grandeur et la lumière, le Palais National

L’orgueil de la Nation Haïtienne pendant plusieurs décennies, détruit par le violent séisme du 12 janvier 2010. Le Palais National ou Palais Présidentiel est la résidence du numéro un de la nation. Construit en 1918, sur les plans de l’architecte Georges Baussan, haïtien ayant étudié à l’école des beaux-arts de Paris, ce monument titilla la jalousie de plus d’un par son imposante architecture et son style puisé dans le néo-classique français. Les coûts de reconstruction s’élèvent à 100 millions de dollars américains, d’autres priorités ont pris le dessus sur la reconstruction.

Pour la compétition et la gloire, le Stade Sylvio Cator

Le stade Sylvio Cator est le seul de la capitale et même du pays, portant fièrement le nom de l’athlète haïtien médaillé d’argent au saut en longueur aux Jeux Olympiques d’été de 1928. Il fut également le maire de la capitale en 1946. Inauguré en 1953, le Stade Sylvio Cator compte maintes manifestations sportives et culturelles.

Le marché de fer, l’ère du temps

Élevé au niveau de patrimoine historique par l’ISPAN, un monument emblématique dans l’aire métropolitaine. Construit dans les années 1890 sous le gouvernement de Florvil Hyppolite, il fut ravagé à plusieurs reprises par de grands incendies. Totalement endommagé par le séisme du 12 janvier 2010, il sera reconstruit une année plus tard.

La matrice protectrice, Madan Kolo

On n’a pas pu trouver de la documentation sur l’érection de cette statue, l’histoire n’en fait pas une très grande mention. On retrouve sa trace plutôt dans certains textes poétiques où souvent on y fait référence comme étant la mère, la gardienne de Port-au-Prince. Mais elle est là, au beau milieu de la rue Tire-masse, veillant jalousement sur un secret dont cette génération ne saura jamais la teneur.

Notre Dame du Perpétuel Secours, patronne d’Haïti

Icone miraculeuse datant du XIVe siècle, son histoire avec Haïti remonte à la guérison miraculeuse de la petite vérole vers les années 1800, rattachée à la chapelle du Bel-Air, elle est fêtée le 27 juin.

Le Parc Naturel de Martissant, un poumon au sud de Port-au-Prince

S’étalant sur 17 hectares au sud de Port-au-Prince dans la section communale de Martissant, le parc est un site naturel et écologique intéressant. Propre et bien entretenu, il regorge d’arbres fruitiers et d’autres espèces. Un mémorial aux victimes du 12 janvier 2010 y a été érigé, où les familles des victimes viennent se recueillir.

Pour la mémoire, le MUPANAH

Le Musée du Panthéon national haïtien représente le patrimoine historique et culturel haïtien. Inauguré en 1983, il vise à perpétuer et à diffuser le souvenir des pères de la patrie, et sert de lieu de documentation aux étudiants, chercheurs, visiteurs et touristes en quête de repères historiques.

BRH

La Banque de la République d’Haïti est une institution financière qui joue le rôle de banque centrale du pays. Elle a le pouvoir d’énoncer, de diriger et de superviser la politique monétaire. Sa date de création remonte à 1979, sa devise est la gourde haïtienne.

Article publié initialement sur mon blog Mondoblog « Quête de liberté » le 10 juin 2017.

Commentaires (5)

Alexandro Christi Nicolas
Très beau texte … Joli cours d’histoire … Merci d’avoir mis en vedette la ville qui m’a vu naitre …

Soucaneau Gabriel
Un plaisir mon frère, merci d’avoir lu.

Garens Jean-Louis
Pour ce qui est de nous faire visiter Haïti, tu es un guide infaillible. À travers ce billet, tu nous emmène visiter la capitale. Toujours un plaisir de te lire !

Soucaneau Gabriel
Merci Garens. Visiter le pays est pour moi une vraie passion. Il y a tellement de chose à découvrir. Merci d’avoir lu. A bientôt

Ismaël
Bravo Soucaneau.